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D'où viennent les noms des étoiles ?
Traduction de l'article original Star Names avec la permission de Jim Kaler, Professor Emeritus of Astronomy, University of Illinois
Noms Propres
Les étoiles visibles à l'œil nu ont, pour la très grande majorité, plusieurs nominations communes et familières, tandis que d'autres ont des noms beaucoup plus complexes. Chaque nomination à sa raison d'être et respecte une structure commune de l'époque. Véga, la quatrième étoile la plus lumineuse de notre ciel, possède plus de 40 noms différents ! Les noms des étoiles sont soient d'origine antique ou déterminés par des organismes astronomiques sous le parapluie de l'Union Astronomique Internationale. Aucun organisme privé n'a les droits de nommer des étoiles.
Les noms les plus communs et très familiers sont couramment utilisés par les astronomes amateurs. Le nom des étoiles les plus brillantes a pour origine les langues antiques (et même modernes). Il est souvent attribué en fonction de sa position ou une caractéristique de celle-ci. Les plus vieux noms proviennent de la Grèce antique. Sirius, par exemple, signifie « celle qui rougit » s'avère un nom fort approprié pour l'étoile la plus lumineuse dans le ciel. Procyon vient du grec « pro » et « kion » qui signifient « avant le chien » car elle se lève « l'étoile de chien ». Arcturus « dompteur d'ours » est l'étoile brillante qui est dans la prolongation du manche de la constellation de la Grande Ourse. Quelques noms d'étoiles ont aussi comme origine la langue latine, par exemple : Régulus « Petit roi » dans la constellation du Lion, Polaris « Étoile polaire » dans la constellation du Petit Ours.
Par conte, la très grande majorité des noms des étoiles nous vient de l'arabe du Moyen Age. Les astronomes arabes ont tout de même utilisé le nom grec des constellations telles que répertoriées par Ptolémée en y appliquant un nom arabe en fonction de leur position dans une constellation donnée. Ainsi, « Deneb qui signifie la « queue » en arabe se retrouve dans plusieurs constellations. Par exemple, Deneb dans la constellation du Cygne (la queue du Cygne), Denebola dans la constellation du Lion (la queue du Lion), et Deneb Kaitos dans la constellation du Cetus (la queue de la Baleine).

Lorsque les textes arabes furent de nouveau traduits en latin, le chaos a débuté. Cette traduction a créé une telle confusion qu'il devenait impossible de retracer l'origine des noms d'étoiles à leur nom original. Certains noms latins ont été réassignés à des étoiles différentes qu'à l'origine. Encore plus problématique, lors de cette traduction, des étoiles ont été assignées avec le même nom, mais à une constellation différente que celle d'origine.
Utilisation des lettres grecques
Pour tenter de résoudre le chaos créé par la traduction, au début du 17 e siècle, l'allemand Johannes Bayer, utilisa les lettres minuscules grecques pour nommer des étoiles en fonction de leur taille relative aux autres étoiles d'une même constellation. Selon ce principe, la plus grosse étoile dans une constellation est nommée « α », la seconde « β », et ainsi de suite. À la lettre de Grec s'ajoute la forme possessive du nom latin de la constellation. Ainsi, la plus grosse étoile dans la constellation de la Lyre, Véga, devient α de Lyra ou α Lyrae (où « Lyrae» signifie « de Lyra. »). Cette règle de dénomination des étoiles d'une constellation ne semble pas toujours respectée. Ainsi, Adhara située dans la constellation du Grand Chien se voit assigner l'appellation « epsilon » même si elle est la plus grosse et la deuxième en magnitude. Le fait qu'elle soit classifiée la cinquième est probablement reliée au fait qu'elle soit localisée plus basse à l'horizon (sud) donc moins brillante pour l'observateur. Tout de même, Bayer continue d'utiliser cette approche et refait la carte du ciel visible à cette époque.

Avec seulement 24 lettres, plusieurs étoiles visibles n'ont pas pu être nommées selon cette règle. Bayer a donc utilisé après l'alphabet grec, des lettres romaines minuscules puis des lettres romaines majuscules. Celles-ci sont rarement employées de nos jours, cependant, il en demeure quelques vestiges comme « H Persei» (en fait, ce n'est pas une étoile, mais un amas ouvert dans la constellation Perseus) et « G Scorpii ». Bien que le nombre de combinaisons possible des noms soit augmenté en appliquant des indices supérieurs aux étoiles rapprochées (par exemple, l'arc dans la galaxie Orion est devenu π**1, π**2 , π**3 , etc.), ce système est applicable qu'aux étoiles les plus lumineuses. Les étoiles de faible intensité difficiles à observer à l'œil nu n'étaient toujours pas identifiées.
Nombres de Flamsteed
Durant le 18 e siècle John Flamsteed inventa un nouveau système plus flexible permettant de nommer toutes les étoiles d'une constellation même celles qui n'étaient pas visibles à l'œil nu. Il assigne un numéro séquentiel en fonction de l'ascension d'ouest en est (approche analogue au concept de longitude terrestre) à l'intérieur de la « frontière » d'une constellation. Par exemple, Lyrae 1 serait l'étoile le plus à l'ouest de la constellation de la Lyre, Lyrae 2 la prochaine, et ainsi de suite (selon ce système Véga devient Lyrae 3). Selon cette approche une étoile conserve son nom propre, ensuite s'applique la dénomination par l'utilisation des lettres grecques (mais seulement jusqu'à Oméga), et finalement s'applique la règle énoncée par Flamsteed. John Flamsteed est aussi reconnu comme le créateur d'un important catalogue d'étoiles « Historia Coelestis ».
Les différents catalogues d'étoiles
Afin de nommer le plus d'étoiles possible, l'appartenance aux constellations n'est plus utilisée et les étoiles sont nommées uniquement en fonction de leur position, l'ascension droite. Le catalogue général de base recensant l'ensemble des étoiles est le « Bright Star Catalogue ». Il y identifie plus de 9,000 étoiles visibles à l'œil nu (jusqu'à une magnitude de 6) débutant d'ouest en est et à une ascension droite de 0 heure (0 degré) par rapport en l'an 1900. Maintenant édité chez à l'université Yale, le « Bright Star Catalogue » dérive d'un catalogue produit à Harvard expliquant l'utilisation du préfixe « HR » pour "Harvard Revised ». Selon cette approche, l'étoile Véga connue aussi sous les noms : Alpha Lyrae et 3 Lyrae devient HR 7001.
Les étoiles invisibles à l'œil nu sont aussi répertoriées et nommées dans un autre catalogue. Le plus célèbre est le « Bonner Durchmusterung » (BD) qui a été compilé en Allemagne pendant le 19 e siècle. Il recense les étoiles ayant une magnitude jusqu'à 10 (soit environ 50 fois plus faible que ce qui est perceptible à l'œil nu). Pour nommer la très grande quantité d'étoiles, il divise le ciel en bandes de déclinaison de 1 degré de large et puis numérote chacune des étoiles avec un numéro séquentiel d'ouest en est selon leur ascension droite durant l'année 1855 (la déclinaison est l'analogue à la latitude terrestre ; elle donne la séparation angulaire d'une étoile en fonction de l'équateur céleste). Selon ce système, Véga est également connue sous le notable « BD+38° 3238 » ce qui signifie qu'elle est la 3238 e étoile dans la bande de 38 et 39 degrés nord. Le « Bonner Durchmusterung » couvre des étoiles jusqu'à une déclinaison de 2 degrés au sud de l'équateur céleste. Les autres étoiles de l'hémisphère sud sont couvertes par le catalogue « Cordoue Durchmusterung » (CD). Selon ce système, Canopus (HR 2326) est Cd-52°914, ce qui signifie qu'elle est la 914e étoile dans la bande de déclinaison entre 52 et 53 degrés sud. Les catalogues « Bonner Durchmusterung » et « Bonner Durchmusterung » sont combinés dans le « Durchmusterung » « DM » identifiant les étoiles des hémisphères nord et sud

Le catalogue le plus généralement utilisé pour étoiles faibles et brillantes est le catalogue de Henry Draper (HD). Il numérote séquentiellement les étoiles en arrondissement en fonction de leur magnitude et de leur position est par rapport à l'équinoxe vernal (selon l'ascension droite en l'année 1900) indépendamment de la déclinaison. Ce catalogue, alors qu'un outil général pour l'identification des étoiles, est également considéré comme un catalogue est à la base de l'identification de la classe spectrale de plus de 300,000 étoiles. Selon ce système, Véga est HD 172167 et Canopus est HD 45348.

Dans les années 60, plus de dix autres catalogues ont été combinés dans le catalogue « Smithsonian Astrophysical Observatory (SAO) ». Il y recense plus de 250,000 étoiles situées dans des bandes contiguës de 10 degrés de déclinaison nord au sud ayant une magnitude jusqu'à 9. Selon ce catalogue, Véga est SAO 067174 et Canopus est SAO 234480. Bien qu'il ait été populaire, ce catalogue n'est plus couramment utilisé.
Le catalogue spécialisé Hipparcos est aussi d'usage général. Le satellite de Hipparcos avait comme mission, durant les années 1990, de mesurer la distance précise des étoiles voisines. Ainsi, plus de 100,000 étoiles sont identifiées et leur distance avec la Terre estimée. Selon ce catalogue, Véga est HIC 91262 et Canopus HIC 30438.

Au-delà de tous ces catalogues, les étoiles ayant une intensité très faible sont identifiées uniquement en fonction de leurs coordonnées célestes (ascension droite et déclinaison) en fonction d'une année spécifique. Le catalogue d'étoiles à la base du système de guidage du télescope orbital Hubble contient plus de 19 millions d'étoiles ayant une magnitude entre 6 et 16.
Étoiles doubles et multiples
Lorsque observer au télescope, plusieurs étoiles possèdent un ou plusieurs compagnons. Elles sont alors incluses dans une catégorie d'étoiles doubles ou multiples, c'est-à-dire que chacune des étoiles sont très rapprochées et en orbite entre elles. Les lettres grecques sont couramment utilisées pour distinguer les composantes des grandes étoiles doubles en appliquant des indices supérieurs en fonction de leur position d'est en ouest. Ainsi, l'étoile Zubenelgenubi, qui est l'étoile alpha de la constellation de la Balance, est en fait une étoile double dont celle la plus à l'ouest est α**1 et α**2 à l'est même si α**2 est beaucoup le plus lumineuse.
Lorsque les étoiles sont très près des unes des l'autres, les lettres romaines sont alors couramment utilisées en fonction de l'ordre de découverte ou d'éclat (de la plus brillante à la moins brillante). La composante la plus brillante est A suivi par l'étoile B, et ainsi de suite. L'étoile Sirius est une étoile double. L'étoile visible à l'œil nul est Sirius A tandis que son compagnon qui est beaucoup plus faible en intensité est Sirius B.
Étoiles Variables
Un grand nombre d'étoiles ont un éclat variable, c'est-à-dire que leur luminosité varie selon un cycle plus ou moins long. Les étoiles Mira et Algol ont été parmi les premières étoiles variables découvertes. Elles étaient très lumineuses et elles ont été nommées, originalement, en fonction de la règle des lettres grecques. Mais avec le temps, de plus en plus d'étoiles variables ont été découvertes nécessitant alors un autre système d'appellation permettant de les différencier des étoiles « régulières ». Puisque la dernière lettre romaine utilisée par Bayer pour toutes les constellations correspondaient à la lettre Q pour « Oméga », il a été décider de préfixer d'utiliser la lettre R la première étoile variable trouvée qui n'avait pas déjà de nom. A ce nom s'ajoute le nom en latin (forme possessive) de la constellation à laquelle est appartient. Ainsi, la première étoile nommée selon ce système se trouve dans la constellation du Cygne R Cygni, la première dans la constellation de l'Aigle est R Aquilae.
À l'intérieur d'une même constellation, cette séquence est rapidement épuisée. Les astronomes ont alors utilisé un préfixe à double lettres, commençant par RR, puis RS, RT jusqu'à RZ, ensuite SS, ST jusqu'à SZ et ainsi de suite pour terminer avec ZZ. Mais ce système a aussi ces limites, il a été nécessaire d'utiliser une nouvelle séquence débutant avec AA, AB jusqu'à AZ, puis BB, BC jusqu'à BZ pour terminer avec QQ à QZ. La séquence JJ jusqu'à JZ n'a pas été utilisée d'éviter de la confusion. Après l'utilisation des 334 combinaisons possibles, les astronomes optent alors d'adopter un système de dénomination beaucoup plus simple et avec aucune limite. Ils optent de nommer chacune des étoiles variables en les préfixant de la lettre V suivi d'un numéro séquentiel et le nom de la constellation, ainsi V335 Sagittarii vient immédiatement après QZ Sagittarii.
Au court des 3,000 dernières années, les astronomes ont réussi, à travers les époques et en utilisant plusieurs systèmes très différents des uns des autres, à nommer toutes les étoiles visibles à partir d'un grand télescope pour apporter un certain ordre au chaos du ciel. Le défi est maintenant de s'y retrouver à travers les différentes appellations d'une même étoile. Ainsi, Véga, Alpha Lyrae, 3 Lyrae, HR 7001, SAO 067174, HIC 91262, BD+38° 3238 sont tous des noms d'une seule et même étoile. |